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Arrêt maladie assistante maternelle 2026 : indemnités CPAM

Arrêt maladie d'une assistante maternelle 2026 : indemnités CPAM, garantie IRCEM, démarches Pajemploi/Cesu, avec un exemple chiffré complet.

Par Sandra Salerno, assistante maternelle agréée·31 août 2026·8 min de lecture

Un arrêt de travail chez une assistante maternelle n'est pas une simple absence : c'est un salaire qui s'interrompt, un enfant à faire garder ailleurs, et un enchevêtrement de démarches entre la CPAM, l'IRCEM et les parents employeurs. Que vous exerciez à Bezons, à Rennes ou à Strasbourg, les règles sont nationales et souvent mal connues — y compris par les parents employeurs eux-mêmes.

Dans cet article, vous allez comprendre ce qu'il faut faire dans les 48 heures, comment sont calculées les indemnités journalières de la Sécurité sociale, ce qu'apporte en plus la garantie de prévoyance obligatoire IRCEM, et ce qu'il en est du salaire versé par les employeurs pendant l'arrêt.

Dans les 48 heures : ce que vous devez faire

En cas de maladie ou d'accident, vous devez prévenir votre (ou vos) employeur(s) par tout moyen, dès que possible, puis leur communiquer le justificatif de l'arrêt de travail dans un délai de 48 heures, sauf circonstances exceptionnelles (source : CCN IDCC 3239, art. 49 du socle commun).

Si vous avez plusieurs employeurs — la situation la plus fréquente pour une assistante maternelle —, vous devez transmettre une copie du volet 3 de l'arrêt de travail à chacun d'entre eux (source : ameli.fr).

À retenir : prévenir vite, transmettre le volet 3 à chaque famille employeuse sous 48 h. Le défaut de justification dans les délais peut être considéré comme fautif (source : CCN IDCC 3239, art. 49).

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale

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Comme toute salariée, une assistante maternelle relève du régime général de la Sécurité sociale et peut percevoir des indemnités journalières (IJ) pendant son arrêt.

Conditions pour être indemnisée (arrêt de moins de 6 mois), l'une ou l'autre suffit :

  • avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois (ou 90 jours) précédant l'arrêt, tous employeurs confondus ;
  • ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire brut au cours des 6 mois précédents — soit au moins 12 494,65 € sur la base du SMIC horaire de 12,31 € en vigueur depuis le 01/06/2026 (source : ameli.fr).

Délai de carence et montant :

  • Les 3 premiers jours de l'arrêt ne sont pas indemnisés : les IJ sont versées à partir du 4ᵉ jour (source : ameli.fr).
  • L'IJ est égale à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant l'arrêt.
  • Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, si bien que l'IJ ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour pour un arrêt prescrit à compter de juillet 2026 (41,95 € pour un arrêt prescrit en juin 2026 — source : ameli.fr).

Exemple chiffré : pour un salaire journalier de base de 75 € bruts (moyenne des 3 derniers mois, tous employeurs confondus), l'indemnité journalière est de 75 × 50 % = 37,50 € bruts par jour, versée à partir du 4ᵉ jour d'arrêt (source : ameli.fr).

Les IJ sont versées après traitement du dossier par votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), puis en moyenne tous les 14 jours (source : ameli.fr).

Les démarches spécifiques quand on est payée en Cesu ou Pajemploi

Vos employeurs déclarant votre activité via le Cesu ou Pajemploi, vous disposez des mêmes droits à l'Assurance Maladie qu'un autre salarié, mais avec une démarche propre à ce mode d'emploi. Pour percevoir vos IJ, vous devez (source : ameli.fr) :

  1. envoyer votre arrêt de travail à votre CPAM (volets 1 et 2, ou transmission en ligne par votre médecin) ;
  2. transmettre une copie du volet 3 à chacun de vos employeurs ;
  3. envoyer à votre CPAM une attestation sur l'honneur indiquant le dernier jour travaillé (DJT) chez tous vos employeurs — un modèle est disponible sur ameli.fr.

Cette date de dernier jour travaillé est indispensable : sans elle, le versement des indemnités journalières est bloqué.

La garantie complémentaire IRCEM

L'IRCEM est l'organisme qui gère le régime de prévoyance obligatoire de la branche des salariés du particulier employeur, prévu par l'accord de la Convention collective nationale (IDCC 3239). Il complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Montant et conditions (source : ircem.com) :

  • La garantie de base est égale à 81,80 % du salaire mensuel brut, limitée à 100 % du salaire mensuel net, sous déduction de l'indemnité journalière de la Sécurité sociale (brute recalculée).
  • Elle est versée à compter du 1ᵉʳ jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle reconnu par la Sécurité sociale.
  • Elle est versée à compter du 8ᵉ jour en cas d'arrêt maladie ordinaire — une carence IRCEM de 7 jours s'applique à chaque nouvel arrêt, sauf en cas de rechute (pour laquelle la Sécurité sociale n'applique pas non plus de carence).
  • Le crédit d'indemnisation est de 1 095 jours. Sa reconstitution entre deux arrêts est soumise à des conditions de reprise d'activité : avant de compter sur un crédit plein, faites vérifier votre situation par l'IRCEM.

À retenir : pour un arrêt maladie ordinaire, la garantie IRCEM ne démarre qu'au 8ᵉ jour — elle ne couvre donc pas les 3 jours de carence de la Sécurité sociale ni les jours 4 à 7. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, elle démarre dès le 1ᵉʳ jour.

Accident du travail ou maladie professionnelle : des règles plus favorables

Si l'arrêt est reconnu comme accident du travail, accident de trajet ou maladie professionnelle, deux différences importantes s'appliquent par rapport à la maladie ordinaire (sources : CCN IDCC 3239 art. 49, ircem.com) :

  • la garantie IRCEM démarre dès le 1ᵉʳ jour, sans délai de carence ;
  • la période de suspension du contrat est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés (dans la limite d'un an ininterrompu) et prise en compte en totalité pour l'ancienneté — contrairement à la maladie non professionnelle, où cette période n'est pas assimilée à du temps de travail effectif pour ces deux droits.

Et le salaire versé par les parents employeurs pendant l'arrêt ?

Sauf clause plus favorable inscrite à votre contrat, le socle commun de la convention collective ne prévoit pas de maintien de salaire automatique par le ou les particuliers employeurs pendant l'arrêt : les règles d'indemnisation renvoient à l'annexe n° 3 de la CCN, c'est-à-dire au relais des indemnités journalières de la Sécurité sociale et de la garantie IRCEM décrites plus haut (source : CCN IDCC 3239, art. 49).

Côté mensualisation, les jours d'absence pour maladie ne sont pas des jours travaillés : ils s'imputent comme n'importe quelle absence sur le calcul du mois, sans remettre en cause le salaire mensualisé des autres jours accueillis (pour le détail du calcul, voir notre article sur la mensualisation en année complète et incomplète).

À l'issue de l'arrêt, une visite de reprise auprès de la médecine du travail est prévue dans certains cas (source : CCN IDCC 3239, art. 49, qui renvoie à l'art. 43 du socle commun).

Erreurs fréquentes à éviter

  • Attendre pour prévenir l'employeur : le délai de 48 heures pour transmettre le justificatif court vite, et un retard peut être considéré comme fautif.
  • Oublier un employeur : le volet 3 doit partir vers chaque famille employeuse, pas seulement la principale.
  • Ne pas envoyer l'attestation du dernier jour travaillé (DJT) : sans elle, la CPAM ne peut pas déclencher le versement des IJ.
  • Confondre carence Sécurité sociale (3 jours) et carence IRCEM (8ᵉ jour pour la maladie ordinaire) : ce sont deux délais différents, qui ne se chevauchent pas dans les mêmes proportions.

FAQ — Vos questions fréquentes

Une assistante maternelle en arrêt maladie touche-t-elle un salaire par ses employeurs ? Non, pas de maintien de salaire automatique par les particuliers employeurs (sauf clause contraire au contrat) : l'indemnisation passe par les IJ de la Sécurité sociale, complétées par la garantie IRCEM (source : CCN IDCC 3239, art. 49).

Combien de temps avant d'être indemnisée par la Sécurité sociale ? Après un délai de carence de 3 jours non indemnisés, les IJ sont versées à partir du 4ᵉ jour d'arrêt, sous réserve de remplir les conditions d'ouverture de droits (source : ameli.fr).

L'IRCEM verse-t-elle quelque chose dès le début de l'arrêt ? Pour un arrêt maladie ordinaire, non : elle démarre au 8ᵉ jour. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, elle démarre dès le 1ᵉʳ jour (source : ircem.com).

Que se passe-t-il si j'ai plusieurs employeurs ? Vos conditions d'ouverture de droits aux IJ (150 h ou 1 015 × SMIC horaire) s'apprécient tous employeurs confondus, et vous devez transmettre le volet 3 de l'arrêt à chacun d'eux (source : ameli.fr).


⚠️ À savoir — Cet article s'appuie sur des sources officielles à jour au 2026-08-31. Les montants et seuils (SMIC, plafonds d'indemnités) évoluent au moins deux fois par an : vérifiez toujours les valeurs en vigueur sur ameli.fr et ircem.com, ou auprès de votre CPAM. Cet article ne remplace pas un conseil juridique.

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