Vous attendez un enfant et vous exercez comme assistante maternelle ? Ou vous êtes parent employeur et votre assistante maternelle vient de vous annoncer sa grossesse ? Dans les deux cas, les questions se bousculent : combien de temps dure le congé, qui paie quoi, et surtout — qui va garder l'enfant pendant ce temps ? Que vous exerciez à Bezons, à Lyon ou à Marseille, les règles sont nationales, et elles sont souvent mal connues des deux côtés du contrat.
Cet article répond aux deux audiences à la fois : vos droits si vous êtes l'assistante maternelle concernée, et vos obligations (et vos marges de manœuvre) si vous êtes le parent employeur.
Combien de temps dure le congé maternité ?
Le congé de maternité comprend une période prénatale (avant l'accouchement) et une période postnatale (après). Sa durée dépend du nombre d'enfants que vous avez déjà à charge et du nombre d'enfants à naître (source : service-public.gouv.fr, fiche F207).
| Situation |
Congé prénatal |
Congé postnatal |
Durée totale |
| 1ᵉʳ ou 2ᵉ enfant |
6 semaines |
10 semaines |
16 semaines |
| 3ᵉ enfant ou plus |
8 semaines |
18 semaines |
26 semaines |
| Jumeaux |
12 semaines |
22 semaines |
34 semaines |
| Triplés ou plus |
24 semaines |
22 semaines |
46 semaines |
Vous pouvez renoncer à une partie de ce congé, mais vous devez impérativement cesser de travailler au moins 8 semaines, dont 6 après l'accouchement — c'est une interdiction de travailler, pas une simple recommandation (source : service-public.gouv.fr, fiche F207). Des aménagements existent en cas de grossesse pathologique (congé prolongé de 2 semaines avant et 4 semaines après, sur avis médical) ou d'accouchement prématuré avec hospitalisation de l'enfant.
À retenir : pour un 1ᵉʳ ou 2ᵉ enfant, comptez 16 semaines. Le minimum absolu, quelle que soit votre situation, reste 8 semaines dont 6 après la naissance.
Combien allez-vous toucher pendant votre congé ?
Pendant le congé maternité, le salaire n'est pas versé par vos employeurs : c'est la CPAM qui prend le relais en versant des indemnités journalières (IJ), selon le même principe que pour un arrêt maladie (source : service-public.gouv.fr, fiche F207).
Le calcul, étape par étape :
- On additionne vos 3 derniers salaires bruts avant le début du congé.
- On divise ce total par 91,25 pour obtenir votre salaire journalier de base.
- On applique une retenue forfaitaire de 21 % (qui correspond approximativement aux cotisations salariales).
- Le résultat est plafonné : l'IJ ne peut pas dépasser 104,02 €/jour ni être inférieure à 11,12 €/jour en 2026 (source : service-public.gouv.fr, fiche F207).
Exemple chiffré simplifié (à titre indicatif — la CPAM calcule sur votre situation réelle) : vous percevez 1 200 € brut par mois chez votre (ou vos) employeur(s), de façon stable sur les 3 derniers mois.
- Total des 3 derniers salaires bruts : 1 200 € × 3 = 3 600 €.
- Salaire journalier de base : 3 600 € ÷ 91,25 = 39,45 € (arrondi).
- Après retenue forfaitaire de 21 % : 39,45 € × 0,79 = 31,17 € d'IJ par jour, un montant compris entre les bornes 2026 (11,12 € – 104,02 €), donc retenu sans plafonnement.
- Sur un congé de 16 semaines (112 jours calendaires) : 31,17 € × 112 ≈ 3 491 € d'indemnités sur l'ensemble du congé (estimation, avant prélèvements sociaux résiduels sur l'IJ elle-même).
Si vous travaillez pour plusieurs familles, vos conditions d'ouverture de droits (durée d'affiliation, heures travaillées) s'apprécient tous employeurs confondus, comme pour l'arrêt maladie — voir notre article sur l'arrêt maladie de l'assistante maternelle pour le détail des seuils. Vérifiez votre situation exacte directement auprès de votre CPAM.
À retenir : vos employeurs arrêtent de vous payer, mais la CPAM prend le relais avec des IJ calculées sur vos 3 derniers salaires bruts, dans la limite d'un plancher et d'un plafond actualisés chaque année.
Et la garantie IRCEM : y a-t-il un complément ?
Pour un arrêt maladie, la garantie de prévoyance obligatoire IRCEM (prévue par la convention collective IDCC 3239) complète les IJ de la Sécurité sociale à partir du 8ᵉ jour. Pour le congé maternité, les sources consultées pour cet article ne permettent pas de confirmer l'existence d'un complément IRCEM équivalent, ni son montant. C'est un point que nous n'assertons volontairement pas (voir le tableau de fact-check) : vérifiez directement auprès d'IRCEM Prévoyance ou dans le texte de la convention collective sur Légifrance avant de compter sur un complément.
Les démarches à ne pas oublier
Côté assistante maternelle :
- Déclarez votre grossesse à la CPAM et à la CAF dans les 14 premières semaines, avec le certificat de votre médecin ou de votre sage-femme (source : service-public.gouv.fr, fiche F207).
- Prévenez chacun de vos employeurs par lettre recommandée avec avis de réception (ou remise contre récépissé), en indiquant le motif de l'absence et les dates présumées de début et de fin du congé, accompagnée du certificat médical.
- Transmettez à la CPAM les documents qu'elle vous demande pour déclencher le versement des IJ — en cas de doute sur un document, votre CPAM ou votre espace en ligne ameli.fr vous les listera précisément.
Côté parent employeur :
- Vous n'avez aucune déclaration Pajemploi spécifique à faire pour le congé en lui-même : vous arrêtez simplement de déclarer un salaire pour les heures non effectuées, comme pour toute absence non travaillée.
- Conservez une copie du courrier de votre assistante maternelle et du certificat médical, pour votre propre suivi.
À retenir : le délai de la déclaration de grossesse (14 premières semaines) et le formalisme de la lettre recommandée à l'employeur sont les deux points que l'on oublie le plus souvent — et les deux sont sans difficulté si vous les anticipez dès l'annonce de la grossesse.
Votre contrat est suspendu, pas rompu
Le congé de maternité suspend le contrat de travail : il continue d'exister, mais aucune prestation n'est due de part et d'autre pendant cette période (source : service-public.gouv.fr, fiche F207). Concrètement :
- Aucun licenciement n'est possible pendant le congé, même pour faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat — toute mesure prise en violation de cette règle serait nulle.
- Pendant les 10 semaines qui suivent le congé (et les congés payés pris immédiatement après), la protection reste forte : seule une faute grave ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse peut justifier une rupture.
- Le congé compte comme du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté et des congés payés.
- À l'issue du congé, l'assistante maternelle retrouve son contrat (le même enfant, les mêmes conditions), sauf accord contraire des deux parties.
Et pour les parents employeurs : zéro salaire à verser, mais une continuité à organiser
C'est le point qui inquiète le plus les familles : qui garde l'enfant pendant les 16 semaines (ou plus) d'absence ? Le contrat avec votre assistante maternelle habituelle continue d'exister (il est seulement suspendu), vous ne pouvez donc pas le rompre pour en signer un autre à la place — mais vous devez trouver une solution temporaire.
Deux pistes à explorer rapidement, dès l'annonce de la grossesse :
- Le Relais Petite Enfance (RPE) de votre secteur peut vous orienter vers des solutions d'accueil temporaire disponibles près de chez vous (crèche, autre assistante maternelle). Voir notre article sur le Relais Petite Enfance : rôle, services et comment le trouver.
- Le CMG (complément de mode de garde) : son traitement précis pendant la période où vous ne versez plus de salaire à votre assistante maternelle en congé n'a pas pu être confirmé par une source officielle dans le cadre de cette recherche (voir le tableau de fact-check) — le CMG rembourse en principe une partie des sommes réellement versées pour la garde, donc son application à une solution de garde relais doit être vérifiée au cas par cas auprès de votre CAF ou sur mon-enfant.fr.
À retenir : vous n'avez pas de salaire à verser à votre assistante maternelle habituelle pendant son congé maternité, mais vous restez tenu de lui rendre son poste à son retour — la solution de garde relais est à organiser en parallèle, pas en remplacement définitif.
Ce qu'il ne faut pas confondre
- Congé maternité ≠ arrêt maladie lié à la grossesse. Un arrêt maladie prescrit avant le début du congé prénatal (nausées, hospitalisation, etc.) suit les règles de l'arrêt maladie classique, pas celles détaillées ici.
- Renoncer à une partie du congé ne veut pas dire pouvoir le réduire à zéro. Le minimum légal de 8 semaines dont 6 après l'accouchement s'impose, quelle que soit votre envie de reprendre plus tôt.
- Suspension du contrat ≠ rupture. Le parent employeur ne peut pas profiter du congé pour mettre fin au contrat et accueillir une autre famille à la place.
FAQ — Vos questions fréquentes
L'employeur doit-il continuer à verser un salaire pendant le congé maternité ?
Non, le principe général est que le salaire n'est pas versé pendant la suspension du contrat : c'est la CPAM qui indemnise via les IJ (source : service-public.gouv.fr, fiche F207). Vérifiez toutefois votre contrat et la convention collective pour une éventuelle clause plus favorable.
Le CMG continue-t-il d'être versé pendant le congé maternité de l'assistante maternelle ?
Nous n'avons pas trouvé de confirmation officielle à cette question précise — c'est un point volontairement non asserté dans cet article (voir le tableau de fact-check). Contactez votre CAF ou consultez caf.fr pour votre situation.
Peut-on être licenciée pendant son congé maternité ?
Non, la protection est absolue pendant le congé, quel que soit le motif invoqué (source : service-public.gouv.fr, fiche F207).
Le contrat de l'assistante maternelle habituelle peut-il être rompu pour en embaucher une autre pendant le congé ?
Non : le contrat est suspendu, pas rompu. Le parent doit organiser une solution de garde temporaire sans mettre fin au contrat en cours.
⚠️ À savoir — Cet article s'appuie sur des sources officielles à jour au 2026-10-26. Les montants (plafond de la Sécurité sociale, bornes de l'IJ) sont révisés chaque année : vérifiez toujours les valeurs en vigueur sur ameli.fr, service-public.fr ou auprès de votre CPAM. Cet article ne remplace pas un conseil juridique.
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