L’été approche et, que vous exerciez à Bezons, à Lyon ou à Bordeaux, vous vous posez forcément des questions sur votre rémunération. Votre employeur prévoit de partir en vacances, ou vous-même posez vos congés, et le doute s'installe sur le salaire à déclarer.
C'est tout à fait normal. La gestion des absences et des congés est l'un des points les plus techniques de votre métier. Dans cet article, vous allez comprendre exactement comment gérer ces périodes pour rester en règle et protéger vos droits.
Le salaire est-il maintenu pendant les absences de l'enfant ?
Tout dépend de votre type de contrat. En année complète, votre salaire est "lissé" sur 12 mois. Cela signifie que vous percevez la même somme chaque mois, même si l'enfant est absent pour convenance personnelle des parents.
En année incomplète, la mensualisation est calculée sur le nombre de semaines d'accueil réellement prévues au contrat. Si l'enfant est absent en dehors de ces périodes prévues, ce temps n'est normalement pas rémunéré. Attention toutefois : si l'absence est une décision de l'employeur (convenance personnelle), le salaire prévu au contrat est dû (source : Convention collective nationale IDCC 3239).
Prenons un exemple concret. Si vous accueillez un enfant 40 heures par semaine au tarif de 4,50 € brut de l'heure :
- Votre salaire mensuel de base est de 780 € brut.
- Si les parents partent en vacances et que cette période était prévue dans votre contrat, vous ne perdez pas d'argent grâce au lissage.
- Si les parents décident de garder l'enfant une semaine de plus, hors contrat, ce salaire de 780 € reste dû.
Pour aller plus loin, consultez notre article sur maîtriser le calcul de votre salaire net.
À retenir : En année complète, votre salaire mensuel reste identique chaque mois, quelles que soient les absences temporaires de l'enfant pour convenance des parents.
Comment calculer mes congés payés pour l'été 2026 ?
Le calcul des congés payés (ICCP - Indemnité de Congés Payés) est une obligation légale. Vous devez impérativement comparer deux méthodes de calcul et choisir la plus favorable pour vous (source : Art. L423-6 du CASF).
Voici les deux méthodes :
- Le 10ème : Vous calculez 10 % du salaire brut total perçu entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026.
- Le maintien de salaire : Vous calculez ce que vous auriez gagné si vous aviez travaillé pendant vos jours de congés acquis.
Imaginons que vous avez acquis 20 jours ouvrables. Si vous travaillez 40 heures par semaine sur 5 jours, vos congés représentent 4 semaines de travail.
- Méthode 1 : Si vous avez gagné 15 000 € bruts sur l'année, vos congés valent 1 500 €.
- Méthode 2 : 4 semaines x 40 heures x 4,50 € = 720 € brut.
- Vous choisirez donc la méthode la plus haute pour votre rémunération.
Pour aller plus loin, consultez notre article sur calculer précisément vos indemnités de congés.
À retenir : Vous devez toujours calculer le 10ème et le maintien de salaire, puis appliquer le résultat le plus avantageux pour vous.
Que faire en cas de maladie de l'enfant ?
L'absence pour maladie de l'enfant est un cas particulier. Vous ne pouvez pas demander de salaire pour ces jours d'absence, sauf si votre contrat prévoit des conditions plus favorables.
La règle est la suivante :
- Les courtes absences pour maladie de l'enfant ne sont pas rémunérées, sur présentation d'un certificat médical. Le nombre de jours concernés est encadré par la convention collective — vérifiez le seuil exact applicable à votre contrat sur service-public.fr ou auprès de votre Relais Petite Enfance.
- Si la maladie dure 14 jours calendaires consécutifs (ou en cas d'hospitalisation de l'enfant), l'accueil n'est pas rémunéré.
- Au-delà de 14 jours consécutifs, les parents choisissent soit de rompre le contrat, soit de reprendre le paiement de votre salaire (source : Convention collective IDCC 3239).
À retenir : L'absence pour maladie est non rémunérée. Gardez précieusement les justificatifs médicaux pour justifier les retraits de salaire sur vos bulletins.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Certaines erreurs peuvent avoir des conséquences graves sur votre rémunération ou votre conformité avec Pajemploi :
- Inclure les indemnités (entretien/repas) dans les congés : C'est strictement interdit. Les indemnités ne sont dues que pour les jours de présence effective de l'enfant.
- Verser les congés par douzième en année incomplète : La loi impose le paiement des congés payés uniquement au moment de leur prise. Le versement mensuel "par douzième" est une pratique illégale (source : Convention collective IDCC 3239).
- Oublier de comparer les méthodes : Ne vous contentez pas de la méthode des 10 %. Si le maintien de salaire est plus élevé, vous perdez de l'argent chaque année.
- Confondre les jours ouvrables et ouvrés : Le calcul des droits à congés se fait toujours en jours ouvrables (du lundi au samedi).
FAQ — Vos questions fréquentes
1. Puis-je imposer mes dates de vacances si nous ne sommes pas d'accord avec les parents ?
Cela dépend de votre situation. Si vous travaillez pour plusieurs employeurs et qu'aucun accord n'est trouvé avant le 1er mars, vous fixez vous-même vos congés : jusqu'à 4 semaines entre le 1er mai et le 31 octobre et 1 semaine en hiver. Si vous n'avez qu'un seul employeur, c'est lui qui fixe les dates à défaut d'accord (source : Convention collective IDCC 3239). En cas de doute, rapprochez-vous de votre Relais Petite Enfance.
2. Comment Pajemploi gère-t-il les déclarations en 2026 ?
Depuis janvier 2026, vous devez veiller à ce que chaque enfant soit déclaré séparément. Soyez vigilante lors des premiers mois, car la mise à jour informatique peut générer des erreurs de calcul automatique sur le salaire net (source : pajemploi.urssaf.fr).
3. Le salaire horaire minimum a-t-il changé en 2026 ?
Oui. Jusqu'au 31 mai 2026, le minimum conventionnel était de 3,64 € brut/heure. Depuis le 1er juin 2026, il est revalorisé à 4,20 € brut par heure (soit environ 3,28 € net), fixé par l'avenant n° 10 à la convention collective, étendu par arrêté du 4 mai 2026 (source : Légifrance, CCN IDCC 3239). À noter : le minimum légal absolu reste de 0,281 × SMIC horaire ; c'est toujours le montant le plus favorable qui s'applique.
⚠️ À savoir — Cet article s'appuie sur des sources officielles à jour au 2026-05-29. Les règles peuvent évoluer. Avant de prendre une décision, vérifiez toujours auprès de votre PMI, votre RAM, ou sur service-public.fr. Cet article ne remplace pas un conseil juridique.
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